samedi 17 février 2018

Aruba



L'amour ne dit pas la large terre sous les rives opposées, mais de son corps muet en déplacement, il trouve le sens profond  —  un chevauchement des mots irrésistibles dans la distance de l'union. 



jeudi 1 février 2018

L'Un

Bien des cœurs se perdent dans le général, mais le plus noble se consacre à l'Un.
Johann Wolfgang von Goethe

mardi 16 janvier 2018

lundi 15 janvier 2018

Solitude

Perdue au cœur du Champ originel, tu es seule, tu es née seule, tu resteras seule ; un peu moins seule quand je me tiens auprès de toi. Moi, seul, né seul, je suis là seul, debout à côté de toi ; alors un peu moins seul, mais perdu comme toi sur l'arpent originel oublié quelque part dans l'Univers.

dimanche 3 décembre 2017

L'appel

Il arrivera un soir que, porté par le vent froid et violent, le hululement de la chouette lointaine appelle ton nom. Appel rauque et lugubre émis pour que tu rejoignes la belle oiselle au plus profond de la nuit. Quand tu seras auprès d'elle, une fois le vent tombé, elle te demandera de suivre son vol, de ne pas quitter du regard la blancheur immaculée de ses ailes. Elle prendra son envol et te conduira au creux de l'obscurité humide, brumeuse et odorante de l'immense forêt. Tu marcheras longtemps derrière elle jusqu'à ce qu'elle finisse par te perdre. Alors, elle hululera une dernière fois et t’abandonnera ainsi au cœur des ténèbres. Tu ne trembleras pas, tu ne frissonneras pas, non plus. La crainte ne te gagnera pas. Tu ne pourras retourner sur tes pas. Tu resteras là. Tu attendras. Silencieux, le jour peut-être se lèvera... Ou il ne se lèvera pas. Qui sait ?

lundi 2 octobre 2017

Sans prouesse ( répétition )



Dégarnis de nos doublures, nous dansons le premier jour comme deux étoiles étrangères au monde. C'est ainsi le rêve du funambule. Toujours bien se balancer sur la courbe.  Deux forces attractives ni découragées ni apparentes mais deux accords extrêmes en rythme. Au dessus de la cheville nue, nous élevons la tension filée de nos habitudes. Encore une épaisseur élimée et nous repartons plus insolubles au dessus du monde.



jeudi 20 juillet 2017

Pièces de Francis Ponge ( la barque après l'eau )


La barque tire sur sa longe, hoche le corps d'un pied sur l'autre, inquiète et têtue comme un jeune cheval. Ce n'est pourtant qu'un assez grossier réceptacle, une cuiller de bois sans manche : mais, creusée et cintrée pour permettre une direction du pilote, elle semble avoir son idée, comme une main faisant le couci-couça. Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c'est pour les besoins de la cause. Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte tel un fétu. 
                                      — Francis Ponge, La barque
                                  [Pièces, Éditions Gallimard, 1961]



mercredi 5 juillet 2017

Position du sol : si elle



Si elle s'étend , elle n'entend plus le bruit sur le sol ‒ avec lui ‒ les habitudes sont derrière les nuages. Trop courtes sensations laissées sur le flanc tendre, il faut mieux vivre. Si de ma main reprend la nuit du rêve et insuffle l'histoire que lui seul sait effiler.


samedi 3 juin 2017

Mother of Earth



                                    " I gave you the key to the highway " 
                                         The Gun Club, Mother of Earth
                                                 [Album : Miami, 1982]


mardi 23 mai 2017

L'animal du coeur dévisage


Comment font les objets pour rester dans la rue et ne pas sauter aux yeux, quand on passe, alors que quelqu'un les a perdus.
                  — Herta Müller, Animal du coeur


samedi 13 mai 2017

Porcelaine de la serre



C'est le sujet de tous les sujets, invariable et saillant, quand une attraction ouvertement satin transforme la coquille en sarment. C'est une chose claire derrière nos verres madrés. Souple griffure, souple soupir et les ébauches filées sine die.



mercredi 10 mai 2017

Distance

Deux êtres.
Mille kilomètres.
Une seule porte-fenêtre.
 

Indociles




Encore une fois, je ne suis plus la même. J'écris pour le signe à vif en traversée des parterres de coquelicots et pour l'étincelle des genêts dans l'artère radiale du transport. Les yeux déjà gorgés du manque d'après la percée des larmes, je le pense. Les espaces entre nous sont sur les rails tandis que nos sentiments prennent des sillons indociles.