mercredi 28 décembre 2016

Le sac ouvert



            Un jour je suis venue.
            Repartie, rentrée.
            Un autre jour fil tendu
            et reposer la bandoulière.
            Le sac céleste sur ton épaule
            refait un signe de tête
            toujours lui-toi
            l'appel l'air
            la beauté.



samedi 24 décembre 2016

Rhizomnal

A la croisée des chemins, se dresse sur un côté le long mur de béton froid parasité qui mord sur le Nord. L'hiver se tient là.


Le fil

La roche. Le roc. Des rochers. La source. De l'eau. Un ruisseau. L'herbe. Un brin. De l'herbe. Des herbes. Un buisson. Des brindilles. Un autre buisson. La rive. La rivière. Des feuilles. Le lézard. Un bouleau. Des roseaux. La vase. La glaise. Un oiseau. Trois oiseaux. Les arbres hauts. Un couple de perruches. Une haie. La pie. Des corbeaux. Les larges berges. Le loup. Une brebis. Des agneaux. Du sang. Du courant. Le tourbillon. Loin. Plus loin. L'embouchure. Le vent. D'autres rochers. Les algues. Une mer. Des vagues. Un seul nuage. La pluie. Des cieux bleus. L'horizon. Plus loin. Très loin. Encore plus loin...

Entre tes doigts. Au creux de ta main... ........

T'écrire





              T'écrire, t'écrire le fond incarné
              la source rauque inextricable de mes yeux
              toute une vie - d'effets - de là - comme un ruban ballant




samedi 17 décembre 2016

La réverbération Comme des fleurs d'amandier ou plus loin


         


                                 Il lui dit : Ah si j'étais plus jeune


Il lui dit : Ah si j'étais plus jeune ...
Elle dit : Je grandirai de nuit comme le parfum du jasmin, l'été
et elle ajoute : Et toi, tu rajeuniras
en dormant car tout dormeur est un enfant.
Quant à moi, je veillerai jusqu'au matin, que noircissent mes cernes.
Deux fils de parfaite fatigue suffiront pour que j'aie l'air plus grande.
Je presse un citron sur mon ventre pour effacer
le goût de lait et le parfum du coton.
Je frotte mes seins au sel et au gingembre
et mes seins se dressent davantage.
Il lui dit : Pas de place dans mon coeur pour le jardin, fillette ...
Pas de temps dans mon corps pour un lendemain ...
Grandis doucement, lentement.
Elle lui dit : Pas de conseils en amour.
Prends-moi que je grandisse !
Prends-moi pour rajeunir.
Il lui dit : Demain, lorsque tu seras grande, tu diras :
Ah que ne suis-je plus jeune !
Elle lui dit : Mon désir est comme un fruit qu'on ne peut remettre à plus tard ...
Pas de temps dans mon corps pour attendre mon lendemain !


       _ Mahmoud Darwich, Comme des fleurs d'amandier ou plus loin    
    [ Poèmes traduits de l'arabe ( Palestine ) par Elias Sanbar, Actes Sud. ]




          Le désir est un bouclier contre la force des nuées sombres
          mais il ne lutte pas pour s'appuyer goutte à goutte contre la nuit.
          Il vit au jour, d'être la ferveur, le vertige-livre-vertical.





Reflet

Blank

 ※

 

※       N O  P O S T ' S  L A N D       ※

 




vendredi 16 décembre 2016

jeudi 15 décembre 2016

La ligature





                   Le demi-soupir aura donné le suc,
                   j'ai bu toute la consistance du corps en fiole.
                   Des nuits de verre dans l'absence et dans le défi,
                    des nuits noires à reconstituer le manque.
                   La métaphore des portées s'insinue ainsi.


               
               
     
                                       

mercredi 14 décembre 2016

Les sentiers multiples


« Moi, monsieur, je ne suis pas méchant et pourtant j'aurais mes raisons pour cela. Nous, mortels, nous avons tous en naissant la même peau, mais, à mesure que nous grandissons, le destin se plaît à nous diversifier, comme si nous étions de cire, et à nous mener par des sentiers multiples vers une seule fin : la mort. Il y a des hommes qui doivent prendre le chemin des fleurs, pendant que d'autres sont poussés à travers chardons et nopals. Les uns possèdent un regard tranquille et, au parfum de leur bonheur, ils sourient d'un visage innocent ; les autres, accablés du soleil violent de la plaine, se hérissent comme la vermine pour se défendre. D'un côté, pour embellir son corps, le fard et les parfums ; de l'autre, les tatouages que nul ensuite n'est capable d'effacer... »
Camilo José Cela, La Famille de Pascual Duarte, 1942

samedi 10 décembre 2016

Approche appelée

  



                        Les yeux secs ne savent pas
                        les interstices de la monte à cru,
                          __là, où nous avons teinté le fluide.
                        Et je divague au jour couchant,
                        les phares éteints,
                        une branche d'olivier en guise de guide.
                        Remonter le rêve quand il n'y a plus de conduite,
                        quand je t'écris le soulèvement devant l'arbre.
                        Depuis, tes mains larmoyantes ont coulé des sels.


                                          
                                                          

jeudi 8 décembre 2016

Hétérotopie


Au coeur de la vallée se croisent mille chemins incertains.

Les tiens ❈ Les miens

Mue en huit




                        Après un passage dentelé dans l'antre,
                        ce qui s'est profondément entendu dès nos souffles,
                        se voit l'étant-là, son tournant infini par la fluence.




                                       

lundi 5 décembre 2016

Kerosene




Et les jours se suivent toujours pareils, jamais les mêmes.


mercredi 30 novembre 2016

L'aubade est un homme



                                           

                      Une posture glanée sur les rythmes.
                      Je remonte le temps quand tu discernes les actes,
                      l'étourdissement de la vitesse nous nargue.


                                           
                                   

lundi 28 novembre 2016

Telle est ta destinée

L'artiste du Destin, les yeux fermés, a peint avec ses mains la lourde porte du Lendemain. Porte fermée, cadenassée.


⦁ ⚫ ⦁


Toi seule en détient la clef.


dimanche 27 novembre 2016

La perspective de cire




       Subtiliser le dilemme d'amour de la couverture de verre,
       malaxer l'odeur de camphre perçante née par les frictions des cieux.
       Un monologue intérieur est contrasté au paysage-fort.
       Un prisme parmi les libres,
       _ mimes inhérents aux déclarations.
       Te souviens-tu encore des résines nourries des lumières saturées,
       ces incarnations dépolies de ton imaginaire ?




vendredi 25 novembre 2016

This Bitter World


1973. Accords de paix à Paris. L'U.S. Army se retire du Vietnam.
Nous refaisons le monde, en 43 secondes.

Loin

Une ligne qui se dessine au-delà de l'Horizon. Une ligne initiatique presque invisible, parallèle à l'Horizon, en apparence, mais en apparence seulement. Une ligne non rectiligne. Une piste chaotique tracée d'une main hésitante au départ, mais au départ seulement. Une trace. Des empreintes. D'autres empreintes pour un autre chemin où se lisent de nouvelles traces qui dessinent une autre ligne non rectiligne, une piste qui va bien plus loin. Où ? Personne ne peut le dire, car personne n'en sait rien. Une ligne sans fin sur laquelle nous nous sommes rejoints pour aller plus loin, encore plus loin, plus loin encore...

samedi 19 novembre 2016

Les chevaux blancs



                        J'ose le détour, j'accrocherai encore la mouvance.
                        Baie muée d'orient ou le murmure prégnant des chevaux.
                        Le vent mugit pour rappeler les signes.

                                   

mercredi 16 novembre 2016

Novembre ne dit pas

Elle : Le temps est trop court.
Lui : Alors, regardons du côté de la durée.

dimanche 13 novembre 2016

La veille de l'éventail




      Le bleu-vert est limpide.
      Je parle des teintes nouvelles.
      Imagine un corps unique comme les vertèbres du mot,
      une articulation infinie par nos mouvements.
      Du dedans, la forme brute que nous nous sommes donnée,
      _ je l'ai serrée sans connaitre, tu l'as greffée d'un éclat inconnu.
      Imagine la plus belle étreinte des distances soupirs,
      devenue la gemme effilée depuis l'étroit,
      depuis le premier abandon.
      Les veines bleues sont toujours là __, c'est le paradoxe rencontré.
      La force du temps se meut sensiblement par des broderies invisibles,
      bruissante comme un large éventail sur la bordure du quai.
      Un signe se déploie, les bras ouverts en eau-forte.


jeudi 10 novembre 2016

L'attente

Attendre ce qui ne viendra pas, puisque c'est déjà là. Attendre que s'en aille ce qui ne partira pas, puisqu’il n'y a pas d'ailleurs vers où aller. Attendre les bras croisés, assis au bord du précipice, les deux jambes ballantes dans l'impossible attente. Attendre que le vent froid se lève, que son souffle ouvre les lèvres du rêve. Attendre que le rêve se mette à parler de l'attente infinie et de ce qui ne viendra pas, d'un ailleurs qui n'existe en aucun lieu, en nul endroit autre que celui où tu te tiens, ici, debout, les yeux fermés. Le départ a déjà posé le pied sur la ligne d'arrivée. Au loin, la montagne est toujours à sa place. La montagne ne bouge jamais.

dimanche 6 novembre 2016

Élégie



            Dans les pavés fissurés, les figures candides calfeutrent l'illusion.
            Tu écoutes la marche de mon récit, tu te rends au souvenir.
            Ce qui affleure, est l'épure de notre perception.


                                                

samedi 5 novembre 2016

For intérieur



                         Dessin des mots courts, à la place
                         _ des caractères insaisissables.
                         Comme un feu sur le toit des mansardes,
                         prenant tout
                         sur son épaule granite.
                        


                        
                                         

vendredi 4 novembre 2016

mardi 1 novembre 2016

Au travers de la fenêtre ...

Au travers des larges vitres poussiéreuses du “bow-window”, il perçoit le ciel voilé d'une fine couche nuageuse, un ciel laiteux, presque blanc. Le vent du Sud inconstant penche, par légères rafales, les branchages et les feuillages en direction du Nord. Parfois, un rayon de soleil, qui ne durera que quelques secondes, illumine le parc.

dimanche 30 octobre 2016

Ce qui reste



                                
                       Je vis le silence partout où je me fends d'émoi
                          mais je ne peux imaginer ne plus t'entendre.





jeudi 27 octobre 2016

October



Don't look back.



Désastre



Les promoteurs se sont déchaînés. Le champ hypothéqué a été vendu aux enchères. Le chantier s'est installé. Très vite, les machines ont tout ravagé. Le vieux bouleau est aussitôt tombé sous les crocs acérés de la tronçonneuse. L'araignée aliénée, déguisée, épuisée, la tête ailleurs, n'a pu en réchapper. Coulée dans le béton, emmurée à jamais, sa fine toile d'acier bleuté ne vibrera plus au vent. Les regardeurs dépolis, acheteurs stupides, hagards et ahuris éteindront la lumière puis s'en iront se faire encadrer ailleurs. Là où ils voudront. Désormais, le champ est pour toujours dévasté.


mardi 25 octobre 2016

Grave iridescence


                              
                                    Au travers des blouses froides,
                            les crans frissons dispersés le long de ton âme.
                        Grave dedans __ encore plus près de l'heure double.


                                                    

samedi 22 octobre 2016

Encore

Sur son passage, le vent violent arrache cinq cartes sans atout de la main du joueur de poker fatigué, avachi sur son siège face au tapis vert. Soulevées dans les airs, poussées par le vent, les cinq lames effilées, sans as, mettent en lambeaux le bel et délicat ouvrage qu'elle avait suspendu aux basses branches d'un vieux bouleau. Le vent tombe. Plus loin, hors du territoire, les cartes s'abattent, mortes. La large toile vulnérable aux longs fils d'argent bleutés, si patiemment tramée, est maintenant totalement anéantie. L'araignée brune aux doigts rouges recommence à tisser. Encore.

Le lambeau libre ( la partie la plus sensible )




vendredi 21 octobre 2016

Solde

— Que reste-t-il de nos amours ?
— 811,73 €. De quoi se refaire, ce soir, à une table de poker.

dimanche 16 octobre 2016

Sans. ( Si Malone est lui-même un doute , si toi tu es le héros. )



Reste en paix

La grosse durite détruite, la pompe à (merveilleuses) injections fêlée, le joint de culasse carbonisé, la vieille et solide charrue gît, maintenant embourbée dans un profond fossé, à la limite du champ.

— Viens ma belle bufflesse aux yeux tristes, laissons mourir la charrue, les labours sont désormais finis. C'est aujourd'hui la pleine lune. Allons donc voir non loin dans les prés d'à côté, si l'herbe bleue est plus verte qu'ici.


vendredi 14 octobre 2016

Garde-corps


                 
                                            L'objet ne dit pas la suite
                                       derrière le style en boucle infinie,
                                  rondeur évaporée et quart de lune à l'immuable.


mercredi 12 octobre 2016

Tout est rejoint



                           Autrement ce jour-fendu,
                            saillie cendrée __ reconstituée,
                            voussure de noms considérables.
                          Des mois recourbés au face à main,
                            les nouveaux-nés répètent tes gestes.


vendredi 7 octobre 2016

L'Homme sans qualités suspend la métaphore : volonté à cru


 " Qu'elle m'ait posé ces questions, ce n'était qu'une petite provocation de la vie, et cela voulait dire :
Toi et moi, néanmoins, nous vivons encore en dehors de l'état ! On pourrait s'écrier aussi bien : S'il te plaît, passe-moi l'eau ! ou Attends ! n'éteins pas encore ! C'est une demande d'un instant, quelque chose de hâtif, d'incontrôlé, rien de plus. Je dis : rien de plus, et je sais que ce n'est rien de moins que si une déesse courait derrière un autobus dans l'espoir d'y être encore admise ! Une démarche dépouillée de tout mysticisme, une débâcle du délire ! De petits incidents de ce genre montrent clairement que notre état présuppose une position déterminée du coeur et chavire à la moindre rupture d'équilibre.

       ___ Robert Musil . L'Homme sans qualités
      [ Une note. Projet pour une utopie de la vie motivée.]



                Pas plus d'objectivité touchante
                que de subjectivité brillante
                dans la faille des nuances.
                
                         

jeudi 6 octobre 2016

Fin de chantier

Eau dans le gaz à tous les étages.

mercredi 5 octobre 2016

Dédoublée

Deux ailes, sans parallèle. Ligne gauche et blanche. Bleu du ciel.

Paul Valéry me parle encore de peau ( dialogue intérieur )



 

J'ouvre des images,
l'aube insolente prend mon rêve.
La sensation gardée est celle d'une forme noire animale en posture d'immortelle.
Elle parle aux nues glorieuses à la rencontre des veines,
ces choses longues au tourment d'amas, cher amour au grain.
Mais encore ces images hybrides que seul un tricot de mèches délayées couvre de sens,
 entrer au-dedans, est-ce l'âme dévêtue ?
__ c'est profond, un dessein.
   Pas un bruit pour l'étrangeté, 
   je tends cette forme à l'abri.

mardi 4 octobre 2016

Bye bye happiness...



...hello loneliness.....

Antéfixe




       Juste un mot schéma, une chambre ouverte qu'est le doute
        la tête face au miroir regardée par un photophore ultime
         ce tel plan en deçà du cadre et écrire le verbe endormi.

dimanche 2 octobre 2016

Rapetissage

« Désœuvré », c'est ainsi qu'il se vit en ce deuxième dimanche d'automne, une fois la boîte à mails consultée, quand le capot de son P.C. [Personal Computer] fut rabattu. Sa cervelle bien faite en roue libre, il avala l'ultime gorgée du délicieux café torréfié dans le Nord, ambroisie extraite d'un des sachets de poudre noire qu'elle avait apportés dans ses bagages lors de son dernier voyage.

Désœuvré, sans grande inspiration, il se leva alors pour empiler quelques bouquins, mêlant ainsi romans mineurs aux essais majeurs : Kafka, Butor, Auster, Schopenhauer, Conrad et Bernhard. Ces cinq ouvrages en main, il retourna se rallonger sur le lit avec l'intention d'en feuilleter distraitement les pages.


Le soleil maintenant au zénith, porté par un ciel bleu lavande nuageux, il jette un regard par delà la fenêtre, s'assoit de nouveau à son bureau et rallume le P.C.. Pour ne plus rester désœuvré, il a l'intention de donner quelques gifles, en commençant par citer un extrait de Trilogie new-
yorkaise
de Paul Auster, dont il vient de relire attentivement quelques passages :
« S'intéresser aux mots, s'inventer dans ce qui est écrit, croire au pouvoir des livres — voilà qui submerge tout le reste, et en comparaison notre propre vie se rapetisse considérablement. »
D'autres gifles viendront plus tard, car, entre-temps, elle lui a écrit. Leur exubérante conversation épistolaire reprend donc, à l'instant. Désormais, il ne se sent plus du tout désœuvré, mais son existence a encore rapetissé.

Possible impossible par Ingeborg Bachmann. ( La tension du fil sans cesse effort )





(...) Cependant, tout cas d'amour, même le plus quotidien, est un cas limite, que nous devrions, en y regardant de plus près, pouvoir percevoir ou nous efforcer de percevoir. Car dans tout ce que nous faisons, pensons et ressentons, nous aimerions aller parfois jusqu'à l'extrême. En nous s'éveille le désir de transgresser les frontières qui nous sont imposées. Non pour me rétracter, mais pour clarifier mon point de vue, j'ajouterai : cela ne fait pas de doute pour moi que nous devons rester dans l'ordre social, que l'on ne peut sortir de la société, qu'il faut nous confronter les uns aux autres. Mais de l'intérieur des frontières, notre regard tend vers la perfection, l'impossible, l'inaccessible, que cela concerne l'amour, la liberté ou tout autre valeur pure. C'est dans la confrontation du possible et de l'impossible que nous élargissons le champ de nos possibilités. Que nous engendrions cette tension, au contact de laquelle nous grandissons, c'est cela l'important pour moi ; que nous orientions vers un but qui, certes, s'éloigne à chaque fois que nous nous en approchons.

____ Ingeborg Bachmann. 1959
( Extrait du discours prononcé lors de la remise du prix de la meilleure pièce radiophonique, prix décerné par les aveugles de guerre. )                 Traduction de Françoise Rétif.


samedi 1 octobre 2016

Essai d'entrechat




    Les yeux passent les murs,
    les yeux de la nuit ont cette différence.
    Un rythme inébranlable comme le mouvement d'une lame d'opale
    __ noble variation sur les longueurs plissées du détour.
         La ferveur perspicace se fait entendre, vue littérale.



Sans efforts

Accéder au confort ? Rien de plus facile : se vautrer dans la conformité avant que les portes du jardin de La Consommation ne soient à jamais fermées.


Le bonheur de n'être jamais assez heureux

Passa(t) la vida

C'est dans la fuite d'une durite que s'écoule la poésie.
A la surface miroitante de la flaque verte émeraude faite du liquide de refroidissement répandu sur l'asphalte, se lit ce qu'il écrit.


vendredi 30 septembre 2016

Déliée

D'autres chemins

Va-t-on, en vérité, songeant à poèmes, auprès de poèmes, par tels chemins ? Cette foulée n’est-elle qu’acheminement et détour de toi à toi ? Mais ce sont en même temps, parmi tant d’autres chemins, chemins aussi où la parole trouve voix, ce sont rencontres, chemins d’une voix vers un toi vigilant, tronçons d’une existence peut-être à venir, un projet de soi sur soi, au long de pareille cherche… Sorte de retour à l’endroit natal.

Paul Celan, Le Méridien

Emotional rescue ( Tu as parlé de Celan )





jeudi 29 septembre 2016

Premier et étoilé



Le long de la ligne presque blanche
Au cœur des signes sombres du champ
S'endort l'ombre profonde du nombre déterminant.


Métalangage : le vent couvre la pluie dévoile



            Un mouvement calme quand les doigts de l'Autre s'entrecroisent,
                 retour ___ écoute, à l'épopée du bruit tangible de l'eau.
               Je vois des retombées nues en un cerf-volant interminable.


mercredi 28 septembre 2016

Arithmétique

Il s'adresse à elle
Il écrit pour lui
Il s'adresse à lui
Il écrit pour elle

Vue des Anges

mardi 27 septembre 2016

C'est à l'intérieur : une kyrielle




                           Des chutes d'apparence en fourreau feutré,
                           je descendais les étages, souvent, l'amande en pleurs.
                           Marches deux par deux en boule foulée,
                           je devais attendre, t'attendre à l'intérieur.
                                   

                                       

dimanche 25 septembre 2016

Didascalie à Aigues-Mortes




                                        La route était douce à nos yeux
                                     les lumières s'étiraient derrière le pic du loup
                                     ____ hurlant le verbe pour nous étreindre.


Les crocs dans la peau

Hier, au milieu de la nuit, dans un souffle à peine perceptible, elle lui avait dit qu'elle se sentait fatiguée. Il en fut remué. C'était la première fois qu'elle lui en parlait. Il ne donna aucune réponse. Plus tard dans la nuit, juste avant l'aube, il se demanda ce qu'il savait de la fatigue. Presque rien. C'était, pour lui, une notion assez insolite, quelque peu étrange, presque étrangère. Il évoqua alors la maladie. Avait-il déjà été malade ? Il ne s'en souvenait pas. Il ne le savait pas. Peut-être était-il malade, en ce moment-même, sans le savoir. La maladie était probablement cette chose que nous pouvions contracter sans nous en rendre compte. Une chose qui s'accrocherait sur notre dos sans prévenir. La maladie devait planter ses crocs dans notre nuque sans éveiller la moindre douleur en nous, se dit-il. C'était possible. Les poètes, peut-être, pouvaient et savaient en parler. Il le croyait, mais n'était pas poète. Alors, il n'en parlerait pas. Pourtant, au fond de lui, il sentit qu'il faudrait peut-être en parler avec elle. Avec personne d'autre. Uniquement avec elle. Surtout maintenant, puisqu'elle lui avait fait comprendre, la nuit dernière, qu'elle se sentait épuisée. Elle, sûrement, devait savoir ce que représentait la maladie. Elle devait la connaître. Elle pourrait lui dire, à lui, si cette chose-là mordait vraiment la nuque et s'agrippait à notre insu sur notre dos. Elle le savait. Il en était convaincu. Elle saurait certainement lui en parler. Il devait simplement attendre qu'elle se réveille. Attendre sous le bleu du ciel...

samedi 24 septembre 2016

Regarder la mer ( après qu'il ait vu Le Bleu du ciel )


    Toujours c'est presque l'aube.
Ce sont des heures aussi vastes que des espaces de ciel.
C'est trop, le temps ne trouve plus par où passer.
Le temps ne passe plus. Vous vous dites qu'elle devrait mourir.
Vous vous dites que si maintenant à cette heure-là de la nuit elle mourait,
ce serait plus facile, vous voulez dire sans doute :
pour vous, mais vous ne terminez pas votre phrase.
         
                                                          
    Vous écoutez le bruit de la mer qui commence à monter.
Cette étrangère est là dans le lit, à sa place,
dans la flaque blanche des draps blancs.
Cette blancheur fait sa forme plus sombre,
plus évidente que ne le serait une évidence animale brusquement délaissée par la vie, que ne le serait celle de la mort.


    Vous regardez cette forme,
vous en découvrez en même temps la puissance infernale,
l'abominable fragilité, la faiblesse, la force invincible de la faiblesse sans égale.


    Vous quittez la chambre,
vous retournez sur la terrasse face à la mer,
loin de son odeur.


     Il fait une pluie fine,
la mer est encore noire sous le ciel décoloré de lumière.
Vous entendez son bruit. L'eau noire continue de monter, elle se rapproche. Elle bouge.
Elle n'arrête pas de bouger. De longues lames blanches la traversent,
une houle longue dans des fracas de blancheur. La mer noire est forte.
Il y a un orage au loin, c'est souvent, la nuit.
Vous restez longtemps à regarder.


 ___ Marguerite Duras , La Maladie de la mort.

vendredi 23 septembre 2016

Autoportrait

                                      
                                            Parce que j'ai vu l'entrelacs,    
                                            j'oscille sur la perspective,
                                                   draperie semée.