jeudi 20 juillet 2017

Pièces de Francis Ponge ( la barque après l'eau )


La barque tire sur sa longe, hoche le corps d'un pied sur l'autre, inquiète et têtue comme un jeune cheval. Ce n'est pourtant qu'un assez grossier réceptacle, une cuiller de bois sans manche : mais, creusée et cintrée pour permettre une direction du pilote, elle semble avoir son idée, comme une main faisant le couci-couça. Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c'est pour les besoins de la cause. Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte tel un fétu. 
                                      — Francis Ponge, La barque
                                  [Pièces, Éditions Gallimard, 1961]



mercredi 5 juillet 2017

Position du sol : si elle



Si elle s'étend , elle n'entend plus le bruit sur le sol ‒ avec lui ‒ les habitudes sont derrière les nuages. Trop courtes sensations laissées sur le flanc tendre, il faut mieux vivre. Si de ma main reprend la nuit du rêve et insuffle l'histoire que lui seul sait effiler.